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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 16:37

  

 

Présentation des Croquignard

et de leur famille

 

 

 

 

 

La famille Croquignard

 

 

 

La famille habite dans le Val chisone, à proximité du fort de Fenestrelles. Elle est composée du père, de la mère, de 2 filles Margharita et Maria et des 4 frères.

 

 

Ce sont de véritables montagnards, cultivateurs, bergers, coureurs de pics et contrebandiers à l'occasion.


A la fin des années 1880, l’Italie connaît une grave période de crise en raison d’une mauvaise gestion des terres et d’un manque de matières énergétiques (notamment de charbon essentiel durant cette période). Elle ne produit pas suffisamment de denrées alimentaires et les italiens sont contraints de trouver hors de leur pays de quoi vivre.

Par ailleurs, les mines et industries des puissances européens (notamment France à la démographie languissante, Belgique et Allemagne) manquent de main d’œuvre. Ils vont donc puiser dans ce réservoir des familles paysannes sans terre du nord de l’Italie. Les ouvriers sans qualifications trouvent aussi dans ces pays d’autres emplois tels que les travaux routiers, les chemins de fer et le bâtiment.

A Briançon, c'est surtout aux usines de peignage de déchets de soie, la schappe, que l'on embauche. A l'Argentière c'est aux usines d'aluminium.


En 1881, à la suite  du traité du Bardo, où la Tunisie passait sous protectorat français au lieu d'une tutelle franco-anglo-italienne, eut lieu à Marseille "les vêpres marseillaises", des bagarres entre français et italiens qui firent 3 morts et plusieurs blessés.

De plus, malgré les violentes répressions qui ont suivi l’assassinat du président Sadi-Carnot en 1894 par l’anarchiste italien Sante Caserio, l'assimilation de la France (ce pays où l’on mange) à une "terre de refuge" a prévalu.
C'est  surtout "le pays où l'on mange".


Au moment des méfaits des Croquignard, les sentiments ont évolué. A aucun moment, on n'a perçu dans les archives un quelconque sentiment anti-italien.

 

 

L’année 1913 détient un record : 872 000 Italiens quittent leur pays.

 

Une jolie citation de Paolo Conte « Les Italiens ne voyagent pas. ils émigrent ».

 

 

 

Les 4 frères


Luigi            Alessandro       Pietro             Ernesto


Leur véritable nom a été volontairement changé afin de ne pas porter atteinte aux éventuels descendants : ils ne sont pas responsables des agissements de leurs ancêtres. Nous gardons cependant un nom à consonance française.

En effet, la vallée qu'ils habitaient était française avant que Louis XIV ne s'en sépare lors du traité D'utrecht en 1713. Ce traité cédait les Escartons d'Oulx, Pragelato et Château Dauphin au Duc de Savoie, victorieux, en échange de Barcelonette. En même temps, cela créait une frontière naturelle d'un point de vue militaire.

Les délits des Croquignard commencent en 1918, d'abord en Italie puis en France.
Frontaliers, ils connaissent bien la France et sont déjà venus y travailler.

Cette connaissance de la région va leur permettre d'échapper longtemps aux recherches entreprises à leur encontre.
 

 
Voici la description faite par Armand Gerbe :

Pietro Croquignard, l'aîné.
"L'aîné, Pierre, âgé d'une quarantaine d'années, était notamment moins robuste ; moins remarquablement découplé que ses frères pour la rude vie de la montagne. Aussi, rompant avec les traditions familiales que nous avons indiquées, il avait abandonné champs et pâturages pour apprendre la profession plus casanière de cordonnier.
C'est pourquoi nous le retrouverons, plus tard, établi, en cette qualité, en France, dans cette commune industrielle de l'Argentière, qui devint en quelque sorte le quartier général français des bandits-fantômes des Alpes.

Pierre Croquignard rachetait cette infériorité physique très manifeste, par des qualités morales, de lutte très remarquables. Il était observateur, patient, ingénieux et rusé. Ces qualités exceptionnelles qu'il dissimulait sous une apparence obséquieuse et bon enfant, il les mit complètement au service de ses frères et nous verrons plus tard comme il devint, pour ceux-ci, un auxiliaire habile, un indicateur précieux, un receleur prudent".

Une personne rencontrée au salon du livre de l'Argentière avait acheté l'ancienne maison de Pietro Croquignard. Il nous a raconté, que quand il a refait l'ancien atelier, il a trouvé, sous le plancher, une cachette faite pour une personne. On se doutait qu'il pouvait accueillir ses frères, mais on ne savait pas comment : il nous a donné la réponse. C'est sûrement pour cette raison, cette cachette ou une autre, que la perquisition faite par les gendarmes n'avait rien donné.

 


ERNESTO Croquignard, le cadet.
"Le cadet, Ernest Croquignard, avait 31 ans. Sa taille était légèrement plus élevée que la moyenne. Trapu, solide, énergique, résultant, il avait un défaut qui le rendait inférieur à ses deux derniers frères pour la lutte qu'il allait être entraîné à entreprendre à leurs côtés. Il était irrésolu et faible de caractère. Lorsque, plus tard, il fût momentanément en la puissance de la justice française, cette tare morale l'entraîna à trahir et à dénoncer certains crimes de ses frères, et par ses déclarations, on connut beaucoup de l'existence mystérieuse de ceux-ci.

Ajoutons qu'en dépit d'une remarquable chevelure châtain clair qui bouclait naturellement, Ernest Croquignard était plutôt laid. Son nez mal dessiné, sa barbe généralement broussailleuse, son regard atrocement louche lui constituaient un de ces visages qui font dire de celui qui le possède : "voilà quelqu'un que je n'aimerai point rencontrer seul, au coin d'un bois !". A la suite d'un accident, Ernest Croquignard avait dû au cours de son jeune âge, être amputé d'un doigt de la main droite. Cette infirmité l'avait rendu impropre au service militaire, en Italie. Ce détail -qu'on le note- à son importance pour la suite de notre récit. Ernest Croquignard ne suivit pas son aîné en France. Il demeura à Mentoulles, exploitant les biens familiaux. Il ne traversa la frontière que plus tard, pour venir prêter main forte à ses autres frères, Louis et Alexandre, alors en lutte ouverte avec la société."

 


Alessandro Croquignard, le chef.

"Le troisième fils, Alexandre Croquignard, n'avait lui que 28 ans. C'était la forte tête, l'homme énergique et audacieux de la famille. Joli garçon, brun, de taille bien prise, il était d'apparence plutôt sympathique. Coureur de montagne, infatigable, connaissant à fond cols, sentiers vertigineux, ravins difficiles ; audacieux, inventif, dur à la souffrance, âpre au gain, inlassable au travail, il était d'un caractère plutôt sauvage.
Plus tard au temps de ses tragiques exploits et de ses sanglantes randonnées, ses concitoyens lui décernèrent le surnom de "
Cadorna", lui reconnaissant par là des qualités de décision et un esprit d'audace que l'on se plaisait à admirer chez le généralissime de l'armée italienne.
La jeunesse d'Alexandre Croquignard, en dépit de quelques manifestations d'indépendance et de misanthropie, avait été relativement calme et laborieuse. Nous serons entrainés à l'examiner en détail, puisqu'elle se déroula en partie en France.
Alexandre Croquignard avait au coeur une passion exclusive, mais absolue il adorait le plus jeune de ses frères.
C'est lui qui avait guidé les premiers pas de celui-ci dans la rude vie des montagnes, et c'est avec une sollicitude attentive qu'il avait surveillé l'adolescence espiègle de Louis."

 


Luigi Croquignard, le cadet.
"Louis avait 20 ans. C'était un robuste jeune homme, imberbe encore, il avait une physionomie avenante. Son visage encadré d'une abondante chevelure châtain, s'éclairait de grands yeux bleus. Avec sa taille de 1,70m, il dominait ses 2 frères. Chaussé de solides brodequins, invariablement coiffé d'une casquette de drap sombre, il était toujours par monts et par cols. Skieur renommé, il affrontait, insouciant du danger, les périlleuses ascensions des cimes que l'hiver avait recouvertes de neige, et acquérait ainsi chaque jour davantage cette expérience de la montagne qui devait si bien servir à lui et à son frère Alexandre pour se moquer longuement des poursuites acharnées des carabiniers italiens et des gendarmes français.

Louis avait cependant un défaut, il était cruel. Il avait manifesté ce travers dans diverse circonstances de sa jeunesse. Il tuait pour le plaisir de voir souffrir et mourir. Ce sentiment de cruauté, cet irrespect de la vie des autres, nous les retrouverons entiers, dans les divers actes criminels reprochés à Alexandre et Louis Croquignard. Jamais Louis n'eut de pitié ; il tua même lorsqu'il eut pu l'éviter."


DosCouv

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Published by Quebeuls - dans L'histoire
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